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L’axe Montaigne–Hobbes : anthropologie, épistémologie et politique.

Colloque organisé par Thierry Gontier et Emiliano Ferrari
Lyon, 18 et 19 octobre 2012
Accéder à la page sur le site de site de l’Université de Lyon-3

Comité scientifique :
Luc Foisneau, Thierry Gontier, Pierre-François Moreau, Gianni Paganini, Nicola Panichi, Jean Terrel

Contact : Valentina Tirloni
Coordinatrice scientifique
IRPhiL EA 4187 - Institut de Recherches Philosophiques de Lyon
18 rue Chevreul - 69007 Lyon
Tél. : 04 78 78 73 94 - Fax : 04 78 78 72 27
valentina point tirloni at univ-lyon3 point fr

Colloque international organisé par l’Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL)

Dans le territoire de la réception philosophique de Montaigne au XVIIe siècle, territoire encore peu exploré qui attire aujourd’hui de plus en plus l’attention de l’historiographie, le rapport avec la pensée de Thomas Hobbes représente un axe de recherche riche et fécond en développements et perspectives à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, nous avons à travailler à l’établissement du dossier historique qui délimiterait le réseau des conditions concrètes où s’enracinent les possibles filiations entre les Essais et la pensée du philosophe anglais. Néanmoins, le rapport personnel avec Bacon, l’auteur des Essays si familier avec les Cavendish du Devonshire et pour qui Hobbes exerce des fonctions de secrétaire et d’écrivain, les nombreux voyages continentaux, notamment le long séjour parisien (1640-1651) et la fréquentation de Gassendi et du cercle de Mersenne, laissent penser que Hobbes connaissait Montaigne et que ses idées ont pu contribuer, directement ou indirectement, à la gestation de sa conceptualité.

Nous voulons suggérer aux intervenants de cette journée de retenir trois niveaux de lecture, autour desquels pourrait s’articuler le repérage des possibles influences entre les deux philosophes ainsi que de leurs différences.

1 / Le niveau « anthropologique » : Montaigne et Hobbes partagent une vision discontinue et dynamique de l’homme, reconnaissant la primalité anthropologique des passions ; ils accentuent la tendance humaine à l’autoconservation et à la projection existentielle dans le futur ; ils reconnaissent dans la régénération continue des désirs humains et dans l’inquiétude le propre de tout individu ; ils interrogent le statut des valeurs morales, leur caractère subjectif, en opposition à l’idée universelle et réaliste d’un summum bonum ; ils valorisent l’introspection et la connaissance de soi dans sa fonction anthropologique ; etc.

2 / Le niveau « épistémologique » : la valorisation de la sensation et la place qu’elle prend dans la gnoséologie de Montaigne et de Hobbes ; la distinction nette, dans le processus sensoriel, entre le vécu subjectif et la qualité réelle, et le rôle joué par la pensée sceptique dans cette articulation ; la caractérisation de la nature humaine par l’étendue de son activité imaginative jusqu’à la réduction de toute activité conceptuelle aux images ; la compréhension nominaliste et computationelle de la rationalité ; etc.

3 / Le niveau « politique » : les Essais et, plus généralement, les ouvrages de Hobbes, posent le problème de l’autorité de la loi et de son fondement ; du rapport du politique à la théologie et à la morale ; du statut de la parole humaine et divine ; ils produisent une nouvelle articulation entre anthropologie et politique ; ils pratiquent une critique de l’ethos aristocratique et chevaleresque, en particulier à propos de la passion de la « gloire », au profit d’une nouvelle image du citoyen et de ses besoins ; etc.

Il ne s’agit ici que de quelques pistes de recherche, qui ne peuvent qu’être sommaires et larges, car ce Colloque a d’abord pour objectif d’ouvrir un nouvel espace d’enquête et d’essayer de lui donner une première physionomie, préalable à d’autres développements. Nous invitons donc les jeunes chercheurs comme les spécialistes confirmés à travailler dans une perspective historico-conceptuelle qui sache allier, à la recherche documentée des rapports entre les Essais de Montaigne et l’œuvre de Hobbes, l’analyse théorique des pensées respectives, afin de mettre en valeur les éléments qui unissent et rapprochent ces deux auteurs majeurs de notre modernité.

Emiliano Ferrari, Université Lyon-3 (IrPhil) / Università degli studi de Milan
Thierry Gontier, Université Lyon-3 / Institut Universitaire de France