jeudi, 27 juillet 2017|

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La philosophie de l’ordinaire de Montaigne à Cavell

La philosophie de l’ordinaire de Montaigne à Cavell. Scepticisme, éducation, morale

Collège International de Philosophie, sous la direction de Emiliano Ferrari

Peut-on considérer Montaigne comme le premier philosophe moderne de l’ordinaire ? En effet, au seuil des Essais, le lecteur s’aperçoit immédiatement du caractère inédit du livre et de son sujet, le moi de Montaigne, représenté dans sa « façon naturelle et ordinaire ». À l’encontre d’une philosophie devenue pédante et sophistiquée, la tâche de la réflexion montaignienne est de ramener chaque lecteur à lui-même et de lui apprendre à faire « usage de la vie ordinaire ». Il s’agira d’étudier dans quelle mesure cet engagement théorico-pratique dans l’ordinaire a été repris et réactivé au XIXe siècle, chez des penseurs américains tels que Ralph Waldo Emerson et Henry David Thoreau, jusqu’au philosophe contemporain Stanley Cavell. Cet examen se fera selon trois axes principaux. Le premier interrogera le lien intime que l’ordinaire entretient avec l’expérience sceptique. Par son épistémologie ouverte et plurielle, le scepticisme redécouvre la profonde signification philosophique du bas et du commun, favorisant un regain d’intérêt pour des sujets que l’on n’associe pas d’habitude avec la prose philosophique. Le deuxième axe se penchera sur la question de l’éducation en tant que processus permanent de formation de soi. Les Essais de Montaigne sont les textes fondateurs d’une nouvelle voie de l’éducation, qui établit un rapport créatif et vital avec la complexité de la tradition, au profit de la construction et de l’expression d’une exemplarité autobiographique ordinaire. Le dernier axe sera consacré aux enjeux moraux de la philosophie de l’ordinaire, et à l’espace précaire qui relie l’individuel au social et au politique.

De Montaigne à Cavell, en passant par Emerson et Thoreau, c’est toute une généalogie de l’ordinaire qui se dessine dans la longue durée, entre l’Europe renaissante et l’Amérique contemporaine. Elle soulèvera, finalement, de multiples interrogations sur l’actualité de la notion d’ordinaire, nous permettant d’en évaluer la pertinence à l’époque de la culture globale.

Jeudis 6, 13 et 20 décembre

Emiliano Ferrari (Univ. Lyon-3, IRPhiL)

Jeudi 10 janvier

* Thierry Gontier (Univ. Lyon-3, IUF, ancien directeur de programme au CIPh) : Montaigne et Emerson : de l’estime de soi à la confiance en soi

* Sandra Laugier (Univ. Paris 1) : Emerson, Cavell et la politique de l’ordinaire

Jeudi 17 janvier

* Paul Mathias (Inspecteur général de philosophie, ancien directeur de programme au CIPh) : Montaigne, un philosophe hypersceptique ?

* Élise Domenach (ENS, Lyon) : L’ordinaire sceptique de Stanley Cavell

Jeudi 24 janvier

* Thomas Constantinesco (Univ. Paris 7) : Emerson, ou l’individualisme en commun

* Christian Cavaillé (ancien professeur au Lycée Henri IV) : L’ordinaire et le primaire – Montaigne et Wittgenstein

de 18h30 à 20h30

Jeudis 6, 13, 20 décembre 2012 : Salle 2, Centre Parisien d’Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Jeudi 10 janvier 2013 : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeudis 17 et 24 janvier 2013 : Salle 2, Centre Parisien d’Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris

Séminaire organisé dans le cadre des activités du CIPH-CIRTEP, en collaboration avec l’Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL) et le soutien du Centre Parisien d’Études Critiques.